« Si un jour une pierre te sourit, iras-tu le dire ? »

(Guilleric)

Tel est le cas de Paul, marcheur, rêveur,cueilleur à ses heures de pierres qui laissent le marcheur indifférent, pressé, à la recherche de performances. Le rêveur lui, voit au travers des éboulis , des blocs épars, de curieuses figures. Une conversation s’instaure entre l’humain et le minéral.

 

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La figure s’érige, étrangement familière, pour faire surgir « l’ancien, l’effroyablement ancien » (Blanchot) mettant le spectateur brutalement en contact avec l’origine, cette préhistoire du regard qu’aucun concept, ni aucun mythe ne peut représenter. Figurer, fictionner devient l’apparaître de quelque chose de plus ancien que le temps, d’une crypte absolue….

Passé et présent qui d’ordinaire s’excluent, coexistent : une émotion, un émoi, un ressentir, atteignent le spectateur à travers une couche fabuleuse de durée…

Mais ce qui donne dans la figure aussitôt se retire et la coïncidence des contraires à son plus haut degré -ressemblance et dissemblance, figuration et défiguration -est peut-être la clé de ces œuvres du temps dont la contemplation réveille en nous un sentiment d’inquiétante étrangeté ; Dans la figure se révèle l’autre, insaisissable, à jamais inconnu, la trace de l’altérité absolue.

Ainsi, tout peintre, tout sculpteur, tout marcheur, donne-t-il à voir ce qu’il ne cherche pas ( Gaston-Paul Effa)